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Tribus d'Afrique
Les peuples Hamar et Karo
La vallee qui traverse le sud
ouest
de l'Ethiopie abrite certaines tribus, parmi les plus etranges et les plus agressives au monde. Les peuples Amar et Karo
(ou Kara) font partie de ces tribus qui ont survecu au cours des siecles aux cycles infernaux des secheresses et des conditions de vie
extremes.
Cette secheresse est telle que, fait extremement rare dans la rift valley, les
arbustes perdent leurs feuilles qui ne repoussent qu'a la saison des pluies
suivante, transformant le pays en veritable desert durant la saison seche.
Ethnies belliqueuses, avec les autres voisins, elles cohabitent toutes deux depuis des
siecles.
Respectant les memes traditions,
elles vivent en paix, s'entraident, respectent les memes croyances, et les rituels qu'elles engendrent aussi cruels
soient-ils...
Ainsi, ils ne redoute rien, sinon " Mingi " l'incarnation du mal en quelque sorte, manifestation diabolique. " Mingi " leur a deja cause de nombreux malheurs, et
selon leur croyances, s'ils ne savent pas le reconnaitre
a temps, il causera de nombreux ravages, et, alors il devront l'affronter comme ils l'ont toujours fait, meme si cela implique un sacrifice humain. " Mingi " peut se manifester de nombreuses façons ainsi, si une femme met au monde un enfant hors mariage, les croyances veulent que le malheur s'abattent sur le village, l'enfant illegitime
(les relations sexuelles sont permises hors mariage) est un signe avant coureur de
"Mingi". Pour les anciens, il n'y a qu'une solution, arracher l'enfant
a sa mere et le faire disparaitre a jamais... Il en et de meme si l'enfant a ses
dents du haut qui poussent avant celles du bas. Il n'y a pas d'exception, c'est sans appel. Mais " Mingi " se manifeste de nombreuses autres façons,
a la naissance de jumeaux par exemple, les anciens sont contraints de consulter des intestins de
Chevre, ils detectent alors la presence ou non de " Mingi " et agiront en
consequence...
De meme, le moindre accident sonne l'arret de mort d'un petit garçon ou d'une petite fille s'ils sont blesses au penis ou
a la poitrine, ils seront attaches a des bouts de bois et jetes a la riviere...
En ce qui concerne le mariage,
il existe egalement une tradition. En effet, a partir du jour de son mariage, la
jeune femme passera un mois entiers chez sa belle famille ou elle sera enduite
de beurre des pieds a la tete, tout contact avec un autre individu, et donc son
mari, lui sera interdit durant cette periode. Durant ce mois, ou la couche de
beurre sera regulierement renouvellee, sa belle-mere lui apprend tout ce qu'une
bonne epouse doit savoir et savoir faire. En ce qui concerne l'homme, il devra
quant a lui avoir reussi l'epreuve du Boula (voir ci-dessous),
qui fait de lui un homme, pour pouvoir se marier.
| Les fetes, surtout celles qui celebrent la fin des recoltes
ou les fetes de mariage sont somptueuses. Hommes et femmes y participent
conjointement pares de leurs plus beaux atours. Le spectacle est
extraordinaire et peu parfois durer plusieurs jours, les participants
reprenant des forces avec de l'alcool de Sorgho. Pendant que des groupes
d'hommes sautent de plus en plus haut, au son d'une sourde et lancinante
melopee, les jeunes filles viennent danser en face de celui qui leur plait
et le couple mime des gestes sexuels. Beaucoup de mariages sont conclus a
l'occasion de ces fetes. |

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Il faut savoir aussi qu'un homme qui aura tue une bete feroce ou
qui se sera revele etre un grand guerrier en tuant de nombreux ennemis, aura
droit a quatre epouses. Le prix pour une epouse etant parfois de plus d'une
centaine de vaches...
Il existe aussi un ensemble de coutumes
initiatiques qui permettent aux hommes comme aux femmes de passer les
etapes des differentes gada (classes d'age).
Au cours de certaines ceremonies,les jeunes hommes ont la poitrine dechiree par
de profondes scarifications. En plus de ces dernieres, des entailles, plus
petites celles-la, sont realisees sur la poitrine sous forme de ligne verticale
reguliere chaque fois qu'un guerrier a tue un homme.
L'epreuve de boula
est celle qui permet a un jeune homme le passage
au statut d'homme, d'adulte. Un certain plusieurs vaches sont rassemblees et
tenues par les habitants du village afin d'etre suffisamment serrees les unes
contre les autres. Le jeune homme devra courir sur leur dos, sans tomber, et
effectuer six allers-retours. S'il reussit, il sera un homme, s'il tombe, il
sera banni de la communaute. A cette occasion, et avant qu'il accomplisse l'epreuve,
toutes les femmes appartenant a la famille du jeune homme vont se faire battre
par les hommes pour prouver leur attachement a celui qui va tenter boula.
Elles sont consentantes, et meme en redemandent. Elles seront frappes,
essentiellement sur le dos, au moyen d'un long jonc ou d'un fin baton qui leur
laissera de profondes cicatrices qui mettront plusieurs mois a se refermer et
qu'elles garderont toute leur vie. La scene se deroule sous forme de
"jeu" ou les femmes harcelent les hommes, les incitant a les frapper,
plus fort, se bousculant pour se trouver sous la trajectoire des batons. Les
hommes, un peu flegmatiques au debut, se prendront vite a mettre du coeur a
l'ouvrage. C'est tres douloureux mais les femmes l'acceptent volontiers, c'est
meme un honneur. C'est pourquoi aussi, si le jeune homme echoue dans son epreuve
du boula, elles seront les premieres a le battre a leur tour avant qu'il soit
chasse de la communaute.
Les Hamar sont avec les Karo, l'une des ethnies les plus
preoccupees par leur aspect physique.
Hommes comme femmes passent des heures chaque jour a parfaire leur esthetique. Aucun
membre de cette tribu ne se laisse aller, quelle que soit sa situation
personnelle, a un relachement sur ce point, sous peine d'etre considere par la
tribu comme une espece de vagabond ou de paria. Les femmes Kara, comme celles
d'autres ethnies omotiques, marquent la partie inferieure de leur visage. Ici,
c'est une longie aiguille de metal qui est profondement plantee sous le repli
inferieur de la levre ou dans le menton lui meme.
Les Hamar sont des
semi-nomades qui ne cessent de se deplacer, le long des memes axes ancestraux,
jalonnes par leurs grandes
huttes en forme d'obus, constituees de grosses branches solidement imbriquees.
Ils cultivent dans les environs de petites parcelles de terrain qu'ils
abandonnent ensuite. Cette ethnie a l'habitude de se deplacer par groupes
entiers. Les femmes et les enfants, prises faciles pour d'eventuels pillards ou
agresseurs, ne voyagent qu'accompagnes par quelques guerriers en arme.
Les Hamar sont actuellement des agro pasteurs qui se deplacent a
la recherche continuelle de paturages pour leurs troupeaux. La richesse d'un
homme et son rang social se mesurent a l'abondance de son cheptel. L'enfant
male, des qu'il est en age de marcher, est charge de s'occuper des chevres. Les
enfants etablissent un "tour de role" qui n'est pas sans provoquer des
disputes lorsque l'un d'entre eux n'a pas envie d'y aller a son tour...
Les Karo, dont
certaines legendes disent qu'ils sont les descendants des Hamar,
sont les seuls sedentaines de la vallee de l'Omo. Ce sont des agriculteurs. Ils
sont majoritairement regroupes dans le grand village de Duss, situe sur la rive
orientale du fleuve, non loin des celebres gisements paleontologiques qui ont
ete decouverts sur la rive opposee. Leur pays, relativement plat, est
regulierement fertilise par les crues du fleuve, dont les deux rives sont entierement
cultivees et donnent du Sorgho, du millet, des haricots, des bananes, de la
canne a sucre... La vie des differents clans est exclusivement rythmee par les
saisons. Les habitants passent le plus clair de leur temps dans les cabanes
construites au milieu des champs de culture. La vie se deroule sur les bords du
fleuve, le meilleur moment etant la fin d'apres midi apres le travail. Pendant
que l'un se rafraichit, les autres se reunissent pour parler ou pour echanger
des objets de contrebande (comme ce vieux fusils anglais, mais parfois il peut
s'agir d'armes beaucoup plus recentes et puissantes): l'Ouganda, le Soudan et le
Kenya ne sont pas loin et l'ensemble de cette zone n'est jamais controlee par la
police armee.
Cet article a ete realise grace a l'ouvrage
d'Alain Chenevriere "Ethiopie, berceau de l'humanite", Ed. Denoel,
d'ou sont issues les photos, et au reportage sur ces
deux peuples qui passe actuellement sur la chaine Odyssee
, realisateur Gregory. BARBARA.
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